 |
Le café entame sa conquête du monde
probablement dès le XVe siècle. Par l'intermédiaire
des pèlerins musulmans qui vont à La Mecque,
le café se diffuse au Yémen et dans
toute l'Arabie. Jusqu'au début du XVIIe siècle,
seules les régions de la Corne de l'Afrique
et de la péninsule arabique produisent du
café. Vers 1690, les marins hollandais introduisent
les premiers plants de caféier, d'abord à
Ceylan (l'actuelle Sri Lanka) et en Inde,
puis dans toutes les colonies hollandaises
d'Asie. Ils rapportent alors des plants de
l'île de Java vers l'Europe.
Le caféier sera cultivé en particulier dans
les serres du jardin botanique d'Amsterdam.
Des plants seront offerts à Louis XIV qui
les confiera aux botanistes du Jardin du Roi,
l'actuel jardin des Plantes.
|
|
 |
|
|
|
 |
|
|
|
| |
|
|
|
| |
|
|
|
|
Intérieur d'un café à Constantinople
|
|
Les premiers amateurs
Au milieu du XVIe siècle,
on a déjà coutume de boire du café en Égypte,
en Syrie, en Perse ou en Turquie. On trouve des
débits de café dans les villes de Médine, le Caire,
Bagdad, Alexandrie, Damas et Istanbul. On sait
qu'en 1555, deux Syriens nommés Shems et Heleem
ouvrent dans le quartier de Talchtacalah le premier
débit de café d'Istanbul. En quelques années,
la ville en comptera plusieurs centaines. A la
même époque, les guerriers turcs de Soliman le
Magnifique font connaître leur boisson aux peuples
des Balkans, d'Europe Centrale, d'Afrique du Nord
et d'Espagne. |
|
|
|
|
Un café en Turquie. Lithographie de Preziosi
(vers 1855).
(Bibl. des Arts décoratifs, Paris)
|
|
|
|
|
La diffusion en Europe
A la fin du
XVIe siécle, le café part de Turquie à la
conquête de l'Europe. C'est à Venise qu'il
arrive pour la première fois. Jusqu'au XVIIe
siècle, le café n'est qu'une curiosité réservée
à l'entourage des quelques voyageurs qui en
rapportent. On en trouve aussi comme médicament
chez les apothicaires. La consommation s'étend
à l'Italie, la France, l'Angleterre et l'Allemagne.
En 1644, un navire d'Alexandrie débarque sa
marchandise à Marseille où s'ouvre, 10 ans
plus tard, le premier café public. Vers 1669,
par l'intermédiaire de l'ambassadeur de l'empire
Ottoman à Paris, Soliman Aga, la boisson conquiert
la haute société parisienne.
|
|
 Foyer des lettres et de la politique, un des
nombreux café de Paris au début du XIXe siècle.
(Musée Carnavalet) |
|
|
|
L'histoire du café viennois
En 1683, Vienne fut, pour la seconde fois, assiégée par les
armées turques.
Une nuit, un jeune polonais du nom de Franz
Goerg Kolschitzky, âgé de 23 ans, entra en
scène. Il avait vécu à Istanbul pendant dix
ans et parlait le Turc. Il offrit ses services
pour tenter de traverser les lignes ottomanes.
Fort des informations ramenées par Kolschitzky,
l'armée autrichienne attaqua les Turcs et
les mit en déroute. En fuyant, ces derniers
abandonnèrent canons, munitions et provisions,
parmi lesquelles se trouvaient cinq cents
sacs de café. Kolschitzky fût fêté comme un
héros et décoré. On lui offrit la nationalité
autrichienne, les cinq cents sacs de précieux
grains et l'autorisation d'ouvrir un débit
de café. Ce fut le "Zur Blauen Flasche" (la
Bouteille Bleue).
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Il
y préparait le café comme il l'avait appris à
Istanbul, en une décoction bouillie à l'eau. Les
Viennois n'appréciaient pas et ses affaires allaient
mal. Kolschitzky eut alors l'idée de filtrer son
café, d'y ajouter une cuillère de crème et une
cuillère de miel. Le succès fut immédiat. L'établissement
ne désemplissait plus. Sur sa lancée, Kolschitzky
accumulait les initiatives pour relancer l'intérêt
de ses clients.
Il décida d'abord de mettre tous les journaux
de la ville à leur disposition. Puis il demanda
à l'un de ses amis pâtissier, Peter Wender, de
créer un cake spécialement pour lui. "Que puis-je
faire qui soit totalement nouveau ?" objecta Wender.
"Avec seulement de la farine, du sucre, des œufs
et du lait, on ne peut rien faire de vraiment
différent !".
"Alors, donne-lui une forme particulière, rétorqua
le cafetier. Mon café provient d'une victoire
sur les Turcs, les Turcs ont un croissant sur
leur drapeau. Fais-moi quelque chose en forme
de croissant". Ainsi naquit le Kippel, une des
bases de ce que l'on nomme aujourd'hui des "viennoiseries".
Aujourd'hui, le petit déjeuner dit "continental"
(café, croissant), symbolise encore cette victoire. |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Les grands
hommes et le café :
|
|
|
|
|
LOUIS
XV
Cet illustre amateur était
sans doute le seul homme qui put s’enorgueillir
de boire du café provenant d’une plantation
française. Les serres de Versailles abritaient
en effet une douzaine de caféiers qui, à force
de soins, produisaient chaque année quelques
livres de café.
BACH
La cafémanie a inspiré
au grand musicien l’une de ses plus
célébres sonates.
|
|
NAPOLEON L’empereur était
grand consommateur de café. « Le café fort me
ressuscite, disait-il, il me cause une cuisson,
un rongement singulier, une douleur qui n’est
pas sans plaisir. J’aime mieux alors souffrir
que de ne pas souffrir».
|
|
|
|
| |
|
|
|
BALZAC
L’écrivain qui mit au jour une œuvre gigantesque
avant de s’éteindre, épuisé, à 51 ans,
s’excitait au travail par un usage immodéré
du café.
|
|
|
|
|
CELINE
« Certes, écrit-il, je veux bien aller au ciel, mais à condition
que l’on serve le café au lit…Le
lit je
m’en moque, mais le café crème j’y
tiens. »
|
|
|
|
|
VOLTAIRE
C’est assurément l’un des plus illustres des amateurs
de café.
|
|
|
|
| |
|
|
BEETHOVEN
Il fallait employer très exactement 60 grains pour préparer
sa tasse, pas un de plus, pas un de moins.
|
 |
|
|
|
Il
en consommait beaucoup et Brillat-Savarin s’était
déjà demandé s’il ne fallait pas attribuer
à l’usage de ce breuvage « la clarté admirable
qu’on observe dans ses œuvres »
|
|
| |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
 |
|
 |